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Dernière parution : 23 septembre 2026

S’installer dans le voyage

L'immatriculation Atout France : dossier, délai, coût, renouvellement

Les trois attestations que la commission d'immatriculation examine, les 295 € exigés avant toute instruction depuis le 1er mars 2026, le mois dont elle dispose pour statuer et le renouvellement tous les trois ans.

Le dossier d’immatriculation tient en trois attestations. C’est peu, et c’est là que les demandes se bloquent : chacune répond à un modèle publié, et une mention absente suffit à faire repartir le dossier chez son expéditeur.

Trois pièces, et l’identité de l’entreprise

L’article R211-20 du code du tourisme fixe le contenu de la demande. Une personne morale y porte sa dénomination sociale, sa forme juridique, son capital, l’adresse de son siège et de ses établissements secondaires, l’état civil et le domicile de ses représentants légaux. Une personne physique y porte son état civil, sa profession, son domicile et l’adresse de ses locaux. L’existence de l’entreprise se prouve par un extrait Kbis ou par l’attestation d’inscription au registre national des entreprises.

S’y ajoutent les deux justificatifs qui portent tout le régime : l’attestation de garantie financière et celle de responsabilité civile professionnelle. Le II de l’article L211-18 les impose dans les mêmes termes depuis le 1er juillet 2018 : justifier « à l’égard des voyageurs, d’une garantie financière suffisante, spécialement affectée au remboursement des fonds reçus au titre des forfaits touristiques », et justifier « d’une assurance garantissant les conséquences pécuniaires de la responsabilité civile professionnelle ».

Le garant se choisit parmi ceux qu’énumère l’article R211-26 : l’APST, un établissement de crédit ou une entreprise d’assurances agréée, le FMS-UNAT pour le secteur associatif.

L'aptitude professionnelle ne fait plus partie du dossier. De nombreux guides la listent encore parmi les pièces à réunir, stage de quatre mois ou année d'expérience à l'appui. L'article R211-41 qui la fondait a été abrogé par le décret n° 2017-1871 du 29 décembre 2017, avec effet au 1er juillet 2018. L'article R211-20 continue pourtant d'y renvoyer : le renvoi ne pointe plus vers rien, et le formulaire d'Atout France ne réclame aucun justificatif de ce type.

295 € par demande depuis le 1er mars 2026

Le montant a triplé au printemps 2026. L’arrêté du 20 février 2026 fixe les frais à 295 € « par demande d’immatriculation ou de renouvellement d’immatriculation » et abroge l’arrêté du 23 décembre 2009, qui les maintenait à 100 € depuis dix-sept ans. Le nouveau tarif s’applique aux demandes déposées à compter du 1er mars 2026.

295 €
par demande d'immatriculation ou de renouvellement, contre 100 € jusqu'au 28 février 2026.

Le paiement conditionne désormais l’instruction. Le décret n° 2026-121 du 20 février 2026 a complété l’article R141-10 du code du tourisme pour subordonner l’immatriculation au versement préalable des frais : les services d’Atout France ouvrent le dossier une fois la somme encaissée, par paiement en ligne, virement ou chèque. Un dossier déposé sans règlement n’entre pas dans le délai d’instruction.

Le compteur tourne par immatriculation, pas par entreprise. Un groupe qui exploite une société de distribution, une filiale réceptive et une structure de production sous trois numéros distincts règle 885 € à chaque cycle triennal, là où le même montage lui coûtait 300 € avant mars 2026.

Un mois pour statuer, et le silence vaut immatriculation

La commission d’immatriculation délivre un récépissé dès que le dossier est complet. L’article R211-21 lui laisse alors un mois pour immatriculer l’opérateur en lui remettant un certificat portant son numéro, ou pour refuser par décision motivée notifiée en recommandé. Passé ce mois sans notification, l’immatriculation est réputée acquise et la commission délivre le numéro.

Le récépissé compte plus que la date de dépôt. Un dossier incomplet ne déclenche rien : la commission dispose de quinze jours ouvrables pour signaler par écrit les pièces manquantes, et le délai d’un mois ne court qu’à partir du nouveau récépissé émis à leur réception. Quand les pièces réclamées n’arrivent pas dans le délai imparti, la commission renvoie le dossier et indique au demandeur qu’une nouvelle demande lui incombe s’il veut être immatriculé. Les frais, eux, se comptent par demande.

Le renouvellement reprend la procédure entière

L’immatriculation vaut trois ans. Le V de l’article R211-21 renvoie le renouvellement aux mêmes règles que la demande initiale : mêmes pièces, même récépissé, même mois d’instruction, mêmes 295 €. Une agence en activité depuis 2020 aura donc payé 100 € en 2023 et 295 € à son échéance suivante, sur un dossier au contenu identique.

Entre deux échéances, l’opérateur signale les changements. Le IV du même article impose de déclarer toute modification des éléments déclarés, cessation d’activité comprise, « dans le mois qui précède la modification quand elle peut être anticipée ou sinon au plus tard dans le mois qui suit l’événement ». Un changement de garant, d’assureur ou de siège relève de cette obligation, et pas du renouvellement triennal.

Le registre se vide aussi en cours de route. Les articles R211-24 et R211-25 autorisent la radiation en cas de déclaration frauduleuse ou lorsque l’opérateur ne satisfait plus aux conditions légales, après que l’intéressé a pu présenter ses observations écrites. La radiation intervient également sur demande de l’opérateur, ou sur notification du liquidateur après clôture d’une liquidation judiciaire.

Une attestation non conforme fait revenir le dossier

Les refus se jouent rarement sur le fond. L’espace nouvel opérateur du registre met en ligne un modèle pour chacune des deux attestations, et l’attestation de responsabilité civile professionnelle doit porter les références légales, le nom de l’assureur agréé, le numéro de contrat, les périodes de validité et l’étendue des garanties. Une attestation d’assurance ordinaire, celle que le courtier édite pour la banque, ne comporte pas ces mentions.

La cohérence entre les pièces se vérifie aussi : même entité juridique, même dénomination, même adresse de siège d’un document à l’autre. Une attestation établie au nom de l’enseigne commerciale quand le Kbis porte la raison sociale de la société suffit à faire ressortir le dossier.

Le registre affiche par ailleurs une mise en garde contre les fausses attestations de garantie financière. Les formulaires rappellent que le faux et l’usage de faux, comme les déclarations mensongères destinées à obtenir une reconnaissance de droit d’un organisme chargé d’une mission de service public, tombent sous les articles 441-1 et suivants du code pénal, et qu’une déclaration inexacte découverte après coup remonte à la commission.

L’opérateur établi ailleurs dans l’Union ne s’immatricule pas

La procédure change de nature dès que le siège quitte la France. Un opérateur légalement établi dans un autre État membre de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen dépose une déclaration en libre prestation de services au titre de l’article R211-51, et non une demande d’immatriculation.

Les pièces suivent le même déplacement : ni Kbis ni attestation RNE, mais une attestation certifiant que la structure est légalement établie dans son État pour y exercer les activités de l’article L211-1, une copie lisible d’une pièce d’identité du représentant légal prouvant sa nationalité, et l’attestation originale de garantie financière délivrée par un garant de l’article R211-26. Les documents rédigés en langue étrangère voyagent accompagnés de leur traduction française.

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Sources citées dans les analyses

  • Légifrance
  • EUR-Lex
  • BOFiP
  • Atout France
  • service-public.fr
  • Insee